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Intervention de l’IHS CGT de la région Centre pour le comité général de l’Union Départementale CGT d’Indre-et-Loire

Cher(es) Camarades,

Le collectif d’Indre-et-Loire de l’institut CGT d’histoire sociale en région centre vous remercie de votre écoute. Je ne voudrais pas empiéter sur la durée de vos travaux. Pour ce faire, je vais essayer d’être le plus bref possible, charge à chacun (e), au cours d’une détente ou en fin de séance, de compléter cette information près du camarade, Christian Faucompré, ou de moi-même à la table ... selon nos possibilités.

L’IHS de la région centre a été créé en 1987 par les 6 unions départementales. Il est en lien direct avec IHS CGT nationale fondé par Georges Séguy.

En Indre-et-Loire, c’est Jean-Claude Guillon qui en a assuré le démarrage et c’est maintenant Christian Faucompré qui a la charge de son animation, en lien avec l’union départementale, la région et les syndicats du département, aidé par Jacques Trégaro, Jean-Paul Soret, Gilbert Deverines et moi même, et 27 adhérents.

La CGT à tous les niveaux de ses structures s’efforce depuis plus de 20 ans, d’œuvrer à la connaissance de l’histoire sociale. Son objectif étant de donner à connaître les expériences des luttes du passé, sans prétendre fournir quelque modèle que ce soit, ni donner de leçons, ou encore moins juger l’action des anciens.

Ce travail sur notre histoire ne semble pas toujours retenir l’attention de nos militants, c’est bien dommage, et pourtant chaque jour, dans le flot d’informations des médias, on parle de racines, de devoir de mémoire, sans toutefois aborder l’histoire sociale, ou alors elle est évoquée en prenant quelques libertés avec les réalités historiques.

A ce sujet, il est important de souligner le travail de l’archiviste dans chaque syndicat. Souvent considéré comme une tache secondaire au moment de la mise en place du bureau syndical dans une entreprise, c’est fort regrettable. Le classement des archives syndicales, les tracts, la conservation des délibérations en CE ou en DP. La prise de notes des réunions en commission exécutive est absolument nécessaire pour écrire l’histoire syndicale, insister sur la nécessité d’inscrire les dates sur les publications et notamment le millésime. Certaines archives de délibérations des camarades, les décisions prises, faites par nos anciens sont étonnantes de précisions. Et pourtant les réunions étaient faites souvent dans l’arrière salle de bistro, sans possibilité d’enregistrement ! Le syndicat de l’époque n’étant pas reconnu, les réunions interdites, nous avons à ce sujet tous beaucoup à apprendre et à réapprendre.

Cette intervention a donc pour but d’attirer votre attention et plus particulièrement celle des camarades membres de la commission exécutive de l’union départementale. Il est absolument nécessaire qu’à chaque niveau de nos organisations, nous obtenions une contribution efficace pour une aide. Il nous faut donc, comme nous y invite certains historiens : « intervenir pour apporter notre contribution, pour exposer un point de vue donnant toute sa place à l’action collective, à la lutte pour l’émancipation des travailleurs »

C’est ce à quoi s’emploie notre collectif, avec quelques difficultés, liées au trop petit nombre de syndicats, adhérents à l’IHS et au peu d’engagement de militants qui participent au travail du collectif, à notre travail commun, considérant, selon la formule employée par Georges Séguy : « il est important d’extraire de l’expérience du passé tout ce qui peut contribuer à éclairer le présent et à construire l’avenir »

Afin de solliciter concrètement votre adhésion et aussi parvenir à obtenir votre aide, j’ai recherché quelques titres et articles diffusés par notre IHS national, régional et départemental.

En juin 2003 :
- Le service public a-t-il dépassé ses capacités de progrès ? Est-il dépassé ?

En septembre 1997 :
- Les jaunes. Origine du sens de ce mot donné aujourd’hui dans le mouvement ouvrier français.

En Décembre 2003 :
- La responsabilité actuelle de la négociation collective doit être revue. Que nous enseigne l’histoire sur la représentativité des organisations syndicales ?

En Juin 2004 :
- Temps de travail. Un florilège des idées réactionnaires sur la RTT. Début déjà du XIX siècle.
- Historique des responsabilités de la gauche et de la droite sur l’éclatement de la Poste et des Télécommunications.
- Rapport entre l’argent et le téléphone.

En Décembre 2004 :
- L’accouchement sans douleurs. Qui se souvient que cette méthode nous vient de l’union soviétique ? Pratiquée pour la première fois à la clinique des Bleuets. Elle vient d’ouvrir en 1947. C’est une œuvre emblématique des métallurgistes CGT qui vent en faire une vitrine de ce que peut réaliser un syndicat puissant.

Pour sa part, l’IHS du centre a publié en particulier avec l’aide de camarades d’Indre-et-Loire :

En décembre 1997 :
- Doubinski Frères D.F. SIMAT une entreprise qui a marqué l’histoire sociale de St Pierre des Corps par Roger Blanchard.

S’y ajoute un témoignage de notre camarade Roger Chiron : conseil municipal extraordinaire dans les locaux de l’usine pour soutenir des 480 ouvriers et sauvegarder l’activité.

En Février 2000 :
- La grève d’août 53. Des témoignages intéressants. Henri Pageot, Jean-Pierre Jacques, Romain Péan.

En Mai 2000 :
- Femmes et syndicalisme de Touraine par Paulette Lagrange.
- La CGT et l’équipement en Indre-et-Loire par Gérard Mat.

Notre dernier numéro mars 2006 :
- Le contrat de travail. Un terme plutôt récent pour une longue histoire qui n’y verrait pas un lien avec l’actualité ?

Certains de ces camarades sont aujourd’hui disparus. Nous les gardons dans nos souvenirs. D’autres heureusement, militent encore dans notre USR CGT.

Je souhaite que ces quelques titres qui concrétisent le travail de notre collectif vous donnent envie de nous rejoindre et nous renforcer. Certes il est possible de penser que cela reviendrait d’abord aux organisations de retraités. Cette façon de voir est minimaliste et dangereuse, même pour l’avenir de notre institut. Je me permets d’insister auprès de chacun(e) pour qu’ensemble nous prenions conscience aussi des enjeux culturels pour l’histoire syndicale et ouvrière.

Notre camarade Jean-Claude Guillon le soulignait dans une note à la commission exécutive de l’union départementale, l’importance irremplaçable du livre et de la lecture. Le rôle et l’action des comités d’entreprises, les bibliothèques. Promouvoir par exemple dans le bulletin du militant, comme le fait la NVO, des titres d’ouvrages concernant le mouvement ouvrier. S’impliquer aussi dans les nouvelles technologies.

Notre collectif militant a aussi réalisé deux numéros spéciaux en février et mars 2004 sur l’importante lutte menée par les travailleurs des ateliers Cadoux pour leur réintégration à la SNCF. En 2003, ils fêtaient le 20ème anniversaire de cette victoire. Je vous invite également, si vous le souhaitez, à vous procurer au prix de trois euros le cahier spécial « regards sur le demi-siècle de syndicalisme à SKF St Cyr. »

Notre institut est conscient de la nécessité de rendre plus attractifs nos cahiers par une meilleure présentation de la page de garde, par des articles plus aérés, agrémentés de photos, ce qui devient plus faciles du fait des nouvelles techniques de tirage. Vous êtes invités très largement à contribuer aussi par vos témoignages à ce qu’ont été vos actions dans vos entreprises. Nous envisageons, en projet, de relater l’historique de l’implantation des centrales nucléaires en région centre. Notre union départementale est largement impliquée par la présence du CPN de Chinon.

Qui se souvient ici de Radio Turone, la radio CGT en Touraine ? Petite sœur de Lorraine Cœur d’Acier au moment du démantèlement sidérurgique.

Voyez camarades, je ne développe pas plus. Nous avons du grain à moudre. Dans ce domaine, le renforcement est vital. Je me permets encore une fois d’insister au regard des quelques titres que je viens de citer, il est impossible de ne pas se rendre compte combien notre histoire ouvrière se tisse au fil des années dans une continuité. Combien l’expérience des échecs, des réussites, des reculs et des conquêtes est en lien avec ce que la classe ouvrière subit actuellement. Cela même si désormais il est de bon ton de dire salariés plutôt que travailleurs. De parler d’exclus, tout simplement, parce qu’il n’y a pas d’exclueurs ! Pourtant, la réalité qu’avec l’aide de nombreux médias on tente de nous cacher est toujours présente. Que l’on soit actif, chômeur, précaire ou retraité, nous sommes tous à un titre ou un autre, même les malades, victimes de l’exploitation individuelle et collective de notre force de travail, par une minorité et un système qui n’a qu’une idée qu’en objectif : profit. Changer les noms ne changent rien. La lutte de classe n’est pas terminée. Elle revêt de nouvelles formes tout aussi cruelles et néfastes.

Nous parvenons au 70ème anniversaire de juin 1936. Comment faire revivre cet événement et les conséquences ?

Il est important que notre 48ème congrès s’inscrive dans l’œuvre de nos anciens pour des lendemains de progrès et de conquêtes sociales.

Non au CPE et à tous les reculs sociaux du genre ! Vive notre 48ème congrès ! Bon courage à tous pour nos luttes !

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