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GREVE A L’EHPAD INTERCOMMUNAL DE SEMBLANCAY/LA MEMBROLLE

Les salariés de l’EHPAD* accompagnés de familles étaient présents à Tours en tête de la manifestation du 23 juin.
*Etablissement Hébergeant des Personnes Agées Dépendantes

"Personnels en colère ! Marre de cette galère !!!!"

C’est le slogan que scandent les salariés en grève reconductible depuis le 23 mai 2016, soutenus par les syndicats CGT et SUD Santé/Action Sociale d’Indre et Loire.

Cet EHPAD public est constitué de deux établissements, avec une direction commune, accueillant chacun environ 85 personnes âgées.

Comme dans de nombreuses autres maisons de retraite, les conditions de travail dégradées ne permettent pas d’assurer la bonne qualité des conditions de vie et de soins des résidents.

Manque d’effectifs, emplois précaires qui représentent 50% des soignants, turn-over continuel, attente de titularisation, non remplacement des courts arrêts maladie, rappel sur repos, 3 WE consécutifs travaillés pendant la période estivale, non respect des instances représentatives du personnel, manque de matériel.
"On n’a pas assez de draps pour faire les lits...". La liste des revendications est longue.

Alertée à de nombreuses reprises, la nouvelle directrice, en poste depuis un an, reste sourde aux réclamations.

L’étincelle qui a mis le feu aux poudres, c’est sa décision de mettre fin aux contrats de plusieurs contractuelles en poste depuis 5 et 9 ans.

Les salariés en lutte reçoivent le soutien des résidents et des familles. Leur témoignage est évoquant : "Il n’y a plus d’animation, plus de vie. Dans les chambres, le ménage est fait une fois par semaine et seulement une douche donnée tous les 8 à 10 jours mais rien à redire au sujet du personnel qui fait de son mieux."

Le mouvement recueille aussi le soutien extérieur des personnels des EHPAD du département, des habitants des deux communes. Des représentants syndicaux du Conseil Départemental (eux-mêmes en lutte sur le laboratoire de Touraine), du CHU, de la CNAV, de la poste, des retraités ... étaient présents lors de l’assemblée générale du 16 juin. La pétition a déjà reçu plus de 1 400 signatures.

Après cinq réunions de négociations avec la direction, quatre assemblées générales, des conférences de presse, des rendez-vous à l’Agence Régionale de Santé 37 (le 27 mai) ; avec le maire de Semblançay, président du Conseil d’Administration (les 26 mai et 6 juin), avec l’inspecteur du travail (le 15 juin), au Conseil départemental (le 23 juin) ; trois manifestations (le 26 mai dans les rues de Semblançay, le 1er Juin dans celles de La Membrolle, le 23 juin à Tours), il y a quelques avancées mais les réponses aux revendications restent insuffisantes :

- Aucune transparence sur le tableau des effectifs que la direction et tutelles ne sont pas en mesure de communiquer,

- Rien de concret sur l’avenir des contractuels, sur le nombre de créations d’emplois, sur la pérennisation des remplacements de congés...

La direction renvoie constamment aux contraintes budgétaires et aux décisions des tutelles (ARS et Conseil Départemental) qui eux rejettent la balle dans le camp de la direction !

Nous arrivons à la 6ème semaine de lutte. Les personnels sont toujours aussi déterminés. Près de 95% des salariés sont en grève depuis le début du mouvement mais assignés pour assurer leur mission auprès des résidents.

Vendredi 24 juin, la reconduction du mouvement a été votée à l’unanimité jusqu’au 27 juillet inclus pour laisser aux différents interlocuteurs le temps de travailler sur le dossier.

Un rendez-vous est demandé à l’ensemble des interlocuteurs pour une réunion tous à la même table.

A suivre !

lire l’article paru dans la Nouvelle République du 28 juin 2016

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