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SAFETY LE MARDI 8 DECEMBRE 2015

Déclaration de Patrice CARTAUD, délégué syndical CGT de Safety.

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Je tiens, au nom de la CGT mais aussi de tous les salariés de Safety, à vous remercier de votre présence qui dans ce contexte d’offensive patronale nous fait chaud au cœur. Votre présence démontre votre solidarité et surtout votre conscience tant nécessaire dans le monde du travail.

Safety vient à son tour d’annoncer une charrette de licenciements dans l’agglomération de Tours. A Fondettes, Safety a en effet décidé de supprimer 45 emplois, et de fermer à la date du 1er février prochain l’usine B, un des deux établissements qu’il possède dans cette commune.

Or Safety-Prod, est une filiale à 100 % de la multinationale suédoise Sandvik, numéro un mondial pour les outils coupants, avec plus de 47 000 salariés au niveau mondial, et un chiffre d’affaires de 9,5 milliards d’euros pour l’exercice 2014.

En mars dernier, le groupe avait annoncé son objectif de réduire le nombre de ses usines au niveau mondial de 150 à 125, dans l’objectif d’améliorer sa rentabilité.

Il y a dix ans, Safety-Prod comptait encore 345 salariés dans les deux usines de Fondettes. Il n’y en a plus que 186 aujourd’hui. Pendant toutes ces années, le groupe n’a pas cessé de mettre en concurrence les différentes filiales et unités de production. En décidant d’attribuer les volumes de commandes sur ses propres critères, il lui est facile de mettre une unité dans le rouge en baissant les commandes sur plusieurs années, et ensuite de décréter sa fermeture.

Là, comme ailleurs, la recherche de rentabilité a un objectif bien précis : accroître la part des actionnaires. Les chiffres sont éloquents : avant la crise de 2008, les actionnaires faisaient main basse en moyenne sur un peu moins de 50 % du résultat net, mais depuis deux ans, ils pompent sous forme de dividendes plus de 70 voire 80 % des bénéfices réalisés. C’est ainsi qu’en pleine baisse d’activité le groupe a distribué sur deux ans 930 millions de dividendes, pour un bénéfice net de 1,16 milliard !

En 2005, Safety, comme bien d’autres entreprises, s’est mis sur les rangs pour obtenir le maximum d’aides publiques. Il le fit notamment grâce à la création en 2005 du CEROC (Centre de Recherche sur les Outils Coupants) que l’on voit à côté de l’usine.

Ce centre, financé en grande partie par les collectivités locales l’a notamment été par la Région (à hauteur de 5,5 millions), le groupe se contentant d’apporter 3,5 millions pour les frais de fonctionnement.

À l’époque, notre direction justifiait ce cadeau à la multinationale. Elle disait que cela ne devait pas manquer de pérenniser l’emploi à Fondettes. On voit aujourd’hui ce qu’il en est des discours patronaux.

Mais au moment même où s’annonce la fermeture de l’usine B, tout à côté, les travailleurs de l’usine A qui produisent des plaquettes d’outils coupants sont eux en sous-effectif, et cela dure depuis des années. Un sous-effectif qui se traduit à la production par l’instauration de nombreuses semaines hautes à 40 heures...

Pas de licenciements, reclassement de tous les salariés dans l’usine A, telles sont les revendications que la CGT défend face à la direction car les travailleurs de Safety n’ont aucune raison d’accepter la décision d’un groupe riche à milliards comme une fatalité, et de s’y résigner.

Nous, les travailleurs, n’avons que notre emploi pour vivre, nous n’avons aucune raison de nous résigner à le perdre.

Je vous remercie à nouveau d’avoir répondu positivement à cette initiative qui ne peut que renforcer la mobilisation dans l’entreprise pour imposer le maximum de reclassement et faire en sorte qu’aucun travailleur ne se retrouve sur le carreau.

La lutte doit se poursuivre !

Je laisse la parole à Stéphane pour l’UD CGT 37 et à d’autres camarades s’ils le souhaitent...

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