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Rassemblement du mercredi 23 septembre 2015 pour les libertés syndicales à l’appel de la CGT

Intervention de Stéphane DEPLOBIN, Secrétaire général de l’UD CGT 37

Chers(es) camarades,

Le syndicalisme a joué un rôle déterminant dans la conquête de garanties sociales qui ont contribué à changer la condition humaine.
La place qu’il occupe dans le pays depuis plus d’un siècle constitue une des principales particularités qui marquent le caractère démocratique et la spécificité de la société française.
Confédéré il y a 120 ans, au sein de la Confédération Générale du Travail, le syndicalisme héritier des valeurs humanistes, internationalistes, pacifistes, sur les principes d’indépendance, de démocratie de respect mutuel défend les intérêts des salariés, sans exclusive, en tout temps et en tous lieux.
Il intervient librement sut tous les champs de la vie sociale et participe à la transformation de la société.

En 2015, 41% des salariés ne se syndiquent pas par peur de représailles et c’est la première raison selon un sondage.

De la petite phrase stigmatisante jusqu’au licenciement en passant par la non évolution de carrière, la liste est longue sur tout ce qui freine l’activité syndicale.

Certaines entreprises sont des déserts syndicaux, rien de plus logique lorsque l’employeur licencie le salarié qui a osé parler de syndicat, d’organisation d’élections ou même parfois seulement revendiqué un droit. Il arrive fréquemment que l’employeur mène campagne pour que la CGT ne soit pas élue au premier tour et donc favorise l’élection de candidats « maison » pour ensuite entraver l’action syndicale.

Lorsque l’étape de l’implantation a été franchie, une autre bataille s’engage sur le respect pur et simple du droit syndical, du fonctionnement des Institutions Représentatives du Personnel (IRP).

De récentes dispositions législatives viennent renforcer l’impunité patronale.

La suppression de la condamnation à des peines de prison pour délit d’entrave ne va pas dissuader le patronat de recourir à de telles pratiques, les patrons préférant payer des amendes.

La réforme de l’inspection du travail modifie considérablement l’intervention de celle-ci face aux comportements d’employeurs peu scrupuleux. Le fait d’avoir des contrôleurs devenus agents de contrôle sans formation ni expérience, conjugué à une forte augmentation de charges de travail due au manque de personnel ne nous aide pas pour faire respecter le droit des salariés et des syndicalistes.

La loi Rebsamen, votée cet été, va aussi aggraver la situation, notamment avec les fusions d’instances qui réduisent les possibilités d’intervention des CHSCT.

La meilleure des protections du ou des délégués c’est un syndicat fort souvent plus efficace que la protection administrative.

Pour autant, cela ne suffit pas. La CGT a élaboré des propositions de loi visant à modifier le Code Pénal, pour une plus grande protection des militants syndicaux et associatifs dans l’exercice de leurs mandats lors d’actions collectives, ainsi que le Code du Travail, pour ce qui concerne les hébergements des syndicats :
Elle réclame le vote définitif, par l’Assemblée nationale, de la Loi d’amnistie, une loi portant sur des droits nouveaux protégeant les militants syndicalistes et le retrait de la liste des délits susceptibles d’être inscrits au fichier des empreintes génétiques.

Mais aussi il faut légiférer pour :

• Redonner à l’inspection du Travail, les moyens, les pouvoirs d’intervention et de contrôle dans les entreprises pour rétablir les équilibres entre les droits des salariés(es) et des employeurs ;
• Abroger les lois Rebsamen et Macron ;
• Attribuer de nouveaux pouvoirs d’intervention avec un droit de véto pour les Comités d’Entreprises ;
• Fixer l’obligation aux directions d’entreprises privées et publiques de permettre à tous les salariés(es) de participer à une heure mensuelle, minimum, d’information syndicale.

Les locaux syndicaux :

Récemment, le maire d’Orléans a supprimé autoritairement la subvention octroyée aux organisations syndicales et c’est le même sort qu’a subit la CGT de Mayotte, le département n’a pas non plus verser les subventions de l’année 2014 et 2015.

Dans notre région, plusieurs attaques ont eu lieu de la part de maires réactionnaires pour déloger les organisations syndicales de leurs locaux. C’est le cas de Châteauroux, la bataille juridique dure depuis 12 ans, ou Chartres.
Face à cela, la CGT revendique que les organisations syndicales puissent bénéficier d’un hébergement à titre gracieux.

Voici quelques éléments de contexte. J’invite les camarades à témoigner sur leur expérience vécue dans les entreprises et les services.

Pour terminer je reprendrai une phrase de Montesquieu :

« Une injustice faite à un seul est une menace faite à tous ».

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