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Bulletin du collectif métaux 37 - Juillet 2015

EDITORIAL

Le gouvernement aide le patronat à réduire la présence syndicale dans les entreprises.

Dans les entreprises du département comme partout, on assiste à une offensive en règle de la part du patronat, secondé par le pouvoir en place. Ils sentent que le rapport de force leur est favorable, car le monde du travail, dans le contexte de chômage grandissant, n’a pas encore réussi à engager des réactions collectives à la hauteur de cette offensive.

Pour les capitalistes, le maintien et la progression de leurs profits sont liés à l’aggravation des conditions d’exploitation des travailleurs. Il s’agit, dans cette guerre de classe, de diminuer par tous les moyens la part qui revient au monde du travail.

Cela se traduit par la baisse des salaires directs et indirects, par la réduction du nombre de salariés nécessaires pour assurer la même production, par l’allongement du temps de travail. Mais aussi par la réduction de ce qui était redistribué aux classes populaires par l’État, les services sociaux, les collectivités, pour que la plus grande part de cet argent retourne dans les caisses des capitalistes. Cela implique évidemment de lever tous les obstacles que les conquêtes sociales avait institués.

Alors derrière les beaux discours sur le dialogue social, la dernière Loi du ministre du travail Rebsamen n’a d’autre but que de réduire les possibilités de contestation de la politique patronale à laquelle notre gouvernement se soumet entièrement comme l’a montré la Loi Macron.

Les travailleurs et les militants ouvriers ne peuvent que s’inquiéter des conséquences de cette nouvelle attaque contre les droits de contestation dans les entreprises. En effet, cette loi ouvre la possibilité de conclure des accords, sans passer par les syndicats, sur les dispositions qui concernent les relations de travail. En fonction du rapport de force local, des accords pourront remettre en cause tout ou partie des droits des salariés.

La représentation des salariés va être réduite à minima, puisque dans la grande majorité des établissements, ceux de moins de 300 salariés, les délégués du personnel et les élus au CHSCT vont disparaître, tandis que partout ailleurs il suffira d’un accord d’établissement pour arriver au même résultat. Des milliers d’élus du personnel risquent de disparaître dans les entreprises, et le nombre de salariés protégés, que les patrons ne pouvaient licencier que dans le cadre de procédures particulières, va être diminué.

Cela deviendra encore plus difficile pour les militants syndicaux qui essayent de résister dans les entreprises, où les patrons tout puissants sont à l’offensive, où l’exploitation est la plus dure, où la maîtrise et l’encadrement sont les plus arrogants et les plus agressifs, où la simple dignité des travailleurs est bafouée quotidiennement.

Plus que jamais il nous faut renouer avec le chemin des luttes.

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