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La CGT d’Indre et Loire soutient les salariés de Med’Clean

Article paru dans la NR le 20/03/2015

Près de 100 t de déchets dangereux s’entasseraient aujourd’hui sur le site de Ballan.

Tandis que des tonnes de déchets médicaux dangereux s’entassent toujours sur la plateforme régionale de l’entreprise à Ballan-Miré, la direction a entamé le licenciement du personnel.

Que se passe-t-il au sein de la société Med’Clean  ? Impossible de le savoir. Au siège lyonnais de l’entreprise, à Saint-Genis-Laval, le téléphone se perd dans les limbes du standard. Pour les salariés comme pour la presse.

Seule certitude  : le groupe spécialisé dans la collecte et le traitement des déchets médicaux à risque infectieux connaît de graves difficultés de trésorerie. Au point de ne pas payer ses créanciers et une partie de ses employés comme ceux de la plateforme de collecte régionale de Ballan-Miré qui n’ont pas eu de feuille de salaire depuis le mois de décembre. Certains n’ont pas touché un centime depuis deux mois. D’autres ont juste eu une avance de 1.200 euros. Depuis trois semaines, à défaut de percevoir leur dû, les incinérateurs de Blois et du Mans rechignent à traiter les déchets collectés par la société. Du coup, les conteneurs et cartons de produits dangereux (aiguilles de seringues usagées, poubelles de blocs opératoires, produits chimiques...) s’entassent sur le site de Ballan-Miré. Il y en avait « plus de 25 t » il y a deux semaines. Il y en aurait quatre fois plus aujourd’hui.

Certains des salariés n’ont pas touché un centime depuis deux mois.

Entre-temps, la préfecture a bien mis en demeure l’entreprise d’évacuer ces déchets dangereux. La gendarmerie s’est rendue sur place mais la situation tarde à se débloquer. Depuis le début de la semaine, seuls trois camions se sont rendus au Mans. Et l’un des chauffeurs a dû en être de sa poche pour régler le plein de gasoil. « On ne sait toujours pas ce qui se passe », se lamente un salarié.

En revanche, la direction du groupe s’est manifestée très formellement hier pour procéder aux entretiens préalables aux licenciements de cinq des treize chauffeurs rattachés à la plateforme tourangelle. D’où la colère de la CGT qui a mobilisé ses troupes sur place pour dénoncer une situation « inacceptable tant sur le plan social qu’environnemental ».

« Aujourd’hui, non seulement les salariés n’ont rien pour vivre mais ils ont peur pour leur sécurité. Les déchets qui s’entassent sont de plus en plus dangereux. Il va falloir une société spécialisée pour les manipuler », prévient le secrétaire de l’union départementale, Stéphane Deplobin.

Au passage, le syndicat et les salariés ne manquent pas de s’interroger sur le rachat de la société Transmed par le groupe Clean’Med l’été dernier. Comment le repreneur (suisse) a-t-il pu accumuler autant de dettes en l’espace de huit mois  ?

Pascal Denis

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