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Trois cents retraités en colère dans la rue

Article paru dans la Nouvelle République le 18/03/2015

Trois cents retraités du public et du privé ont manifesté hier, à Tours, pour protester contre la baisse de leur pouvoir d’achat. photo NR

Les retraités manifestaient dans les rues de Tours, hier, pour dénoncer le gel de leurs pensions, et réclamer plus de droits et de garanties en matière de retraite et de protection sociale.10 % des retraités vivent sous le seuil de pauvreté.

Pour la troisième fois depuis septembre dernier, les retraités étaient appelés à manifester hier, dans toute la France, pour dénoncer la baisse de leur pouvoir d’achat, liée au gel des pensions. Une intersyndicale des retraités d’Indre-et-Loire (CGT, CFTC, FGR-FP, FSU, FO, LSR, UNRPA, Solidaires) avait invité les retraités du département à manifester leur mécontentement et leurs revendications, dans le centre-ville de Tours. En tout, 300 personnes ont défilé de la place Jean-Jaurès aux portes de la préfecture, perturbant pendant un quart d’heure la circulation des tramways dans le sens sud-nord, rue Nationale.

Les retraités demandent le retour à la revalorisation annuelle de leurs pensions et retraites, le rattrapage de trente mois sans augmentation, un minimum retraite équivalent au Smic pour tout retraité ayant eu une carrière complète, le retour au droit à la retraite à 60 ans, le maintien et l’amélioration des pensions de réversion, ainsi que la prise en charge de la perte d’autonomie par la Sécurité sociale...

« Nous ne pouvons pas accepter que 10 % des retraités vivent sous le seuil de pauvreté dans ce pays, ni que cette situation ne s’aggrave du fait des politiques d’austérité successives », soulignait Hervé Rigault, secrétaire de l’Union des syndicats de retraités d’Indre-et-Loire.

La question de la perte d’autonomie était très présente dans les rangs. « Ça fait cinq ou six ans qu’on nous balade sur une loi qui soit adaptée au vieillissement de la société », observait Solange Mondot, secrétaire-adjointe de l’USR 37, évoquant « une situation catastrophique pour de nombreuses familles avec des maisons de retraite qui coûtent entre 2.200 et 4.000 € par mois. Qui peut payer ça  ? »

A l’issue de la manifestation, une délégation était reçue en préfecture.

P. L.

Paroles de retraités

Henri, 70 ans, de Tours-Nord, a travaillé 36 ans à La Poste après avoir été ouvrier agricole. Retraité depuis 2000 - il avait 55 ans - il perçoit 1.340 € par mois, « 2.000 € au total avec ce que touche mon épouse qui était serveuse dans un restaurant administratif. » Hier, il dénonçait le fait que son pouvoir d’achat « n’a pas évolué depuis le 1er avril 2013. On dit qu’il pourrait être augmenté en 2015. Sauf si Valls considère que nous sommes trop payés. Ce qui m’écœure le plus, c’est qu’on est dans un pays où réclamer une augmentation de retraite est jugé indigne, alors que donner deux millions d’euros à un patron avant qu’il ne commence de travailler, on trouve ça normal. »

Serge, 80 ans, de Rochecorbon. Retraité depuis 25 ans (il avait lui aussi 55 ans), Serge a été ouvrier d’usine avant d’être employé à France Telecom. Avec son épouse, Bernadette, âgée de 77 ans, qui a travaillé dans le commerce avant d’être déclarée en invalidité, ils perçoivent à eux deux 2.200 € par mois. « Nous sommes non imposables. Nous avons cotisé à cinq caisses de retraite au total. Non seulement nos retraites n’augmentent plus mais, en plus, nous sommes pénalisés depuis le 1er janvier dernier  : on nous retient 95 € par mois parce qu’on a baissé le pourcentage de ce qu’on percevait pour avoir eu trois enfants. Vous trouvez ça logique  ? »

Recueilli par P. L.

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