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Maisons de Retraite : Communiqué de l’Union Départementale CGT d’Indre-et-Loire

Comme en rend compte un récent article de la Nouvelle République, les relations existantes entre, d’une part, le Conseil de Vie Sociale des maisons de retraites d’Amboise et de Château-Renault et, d’autre part, la direction de ces établissements est en train de s’envenimer dangereusement. Il n’est pas exclu que cette détérioration s’étende progressivement à d’autres établissements tant la situation y est tendue sinon explosive (Monts, Tours, Bourgueil le 29 octobre dernier ...).

D’un côté, nous avons la « Silver Économie » (en fait, le business des cheveux argentés) que nos dirigeants regardent avec les yeux de Chimène : les maisons de retraites privées sous la coupe de grands groupes financiers (par exemple, Korian en phase de grandes manœuvres boursières aujourd’hui) qui recherchent avant tout une maximisation de leurs profits. C’est ainsi que quelques-unes de nos plus grandes fortunes se construisent sur un fonds de misère humaine.

D’un autre côté nous avons les maisons de retraites publiques (hôpital, CCAS municipaux ...) ou bien associatives qui sont soumises aux politiques suicidaires de réduction des dépenses et des déficits publics qui se traduisent par des effectifs de moins en moins à la hauteur des besoins qui sont, eux, croissants.

Dans un cas comme dans l’autre, pour les résidents qui supportent des tarifs au-dessus du niveau de leurs pensions de retraite, comme pour les personnels aux maigres salaires, le résultat est toujours le même : mauvaise qualité de service, voire maltraitance pour les uns, épuisement et souffrance au travail pour les autres. Il est clair que leurs intérêts se rejoignent.

Pour la Cgt, cette situation est insupportable dans une société aussi riche que la nôtre. Elle a d’ailleurs organisé, tout au long de l’année des réunions publiques dans les villes du département (Amboise, Loches, Chinon, Tours ...) sur ces problèmes.

Si il est, bien sûr, toujours préférable qu’un bon dialogue s’instaure au niveau de chaque établissement, il est tout aussi certain que cela ne sera pas suffisant pour faire évoluer les choses significativement. D’autres acteurs tiennent en effet les clés de la situation : le Conseil Général, l’Agence Régionale de Santé et l’État qui orientent (mal) les politiques publiques aux différents niveaux de la société. Le plus souvent, les usagers comme les personnels en quête d’interlocuteurs se voient renvoyés de l’un vers l’autre comme des balles de ping-pong sans que les questions qu’ils posent ne reçoivent jamais de réponse satisfaisante. C’est ce qui s’est produit récemment lors de l’assemblée d’Amboise.

C’est donc un véritable mouvement social pour le droit universel à l’autonomie qui est nécessaire, particulièrement au moment où le gouvernement s’apprête à communiquer et à légiférer sur le sujet. Résidents, familles et personnels doivent le construire ensemble. La Cgt d’Indre et Loire, ses organisations dans les EHPAD et chez les retraités sont prêtes à participer à la naissance et au développement d’un tel mouvement qui pourrait s’organiser à partir des revendications suivantes :

Nous avons besoin d’un haut niveau des pensions de retraite pour vivre dignement cette étape de la vie alors que le gouvernement prévoit de les faire stagner pendant 18 mois.

Nous avons besoin d’un grand service public autour de la perte d’autonomie, nous n’avons pas besoin que des grands groupes s’enrichissent sur le dos des personnes âgées et de leurs familles.

Nous avons besoin de personnels en nombre suffisant (1 encadrant pour 1 résident en Allemagne, 1,5 en Suisse, loin des 0,27 de l’EHPAD d’Amboise), formés en permanence, qualifiés, non précaires et bien rémunérés (ce qui contribuerait efficacement à résoudre les problèmes de recrutement évoqués par le Conseil Général).

Le financement que nécessite la satisfaction de ces besoins ne peut être abandonné dans les mains de spéculateurs (banques, sociétés d’assurance, fausses mutuelles ...), il doit s’opérer dans le cadre d’une Sécurité Sociale reconquise par les salariés et redistribuant solidairement, pour le bien de tous, y compris les plus anciens, une part des richesses produites par le pays.

Le 22 novembre 2013

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