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Il fait si bon veillir !
Vieillir dans la dignité, Un choix de société, une priorité pour la CGT.

L’Union Départementale CGT d’Indre et Loire a organisé 4 réunions publiques dans le département sur ce thème. La dernière s’est tenue à Tours, le 18 avril 2013 avec une assemblée très participative.

Avec la présence de Ghislaine RAOUAFI, membre de la direction de la Fédération CGT de la santé et de l’action sociale, animatrice du collectif "accueil des personnes agées"

Vous trouverez ci-dessous l’introduction au débat présentée par Stéphane DEPLOBIN, secrétaire général de l’Union Départementale CGT d’Indre et Loire :

"Mesdames, Messieurs, Chers(es) Amis(es), Chers(es) Camarades,

Merci d’avoir répondu présent à notre invitation pour ce débat qui a pour thème : « Vieillir dans la dignité, un choix de société, une priorité pour la CGT ».

Pourquoi ce débat ?

La CGT considère le sujet de la vieillesse comme une priorité et ceci pour plusieurs raisons :

- Des luttes, dans le département, se sont développées dans les Maisons de retraites (EHPAD) depuis plusieurs mois. L’Indre-et-Loire est, comme l’ensemble du territoire national, confronté à de nombreux problèmes concernant l’accueil de personnes âgées et notamment avec le sous-effectif criant des personnels dans les établissements.

- Ces luttes, bien légitimes, ne peuvent être portées par les seuls salariés et familles soutenant cette démarche. Cette question va bien au-delà, puisqu’elle concerne la société toute entière car elle pose la récurrente problématique de la solidarité entre les générations.

- Au-delà des moyens mis à disposition, le pouvoir d’achat des retraités ne suffit pas pour payer le coût élevé voire exorbitant d’un accueil en EHPAD (voir le tract UCR pouvoir d’achat). Le reste à charge ne peut pas être seulement supporté par le résident ou sa famille.

- Les femmes retraitées sont plus touchées car, à la fois, elles ont une espérance de vie plus longue et une pension de retraite plus faible que les hommes.

- Enfin, le Chef de l’Etat et le gouvernement ont annoncé une réforme de ce qu’ils appellent la dépendance d’ici la fin de l’année.

Il existe plusieurs types d’établissements accueillant les personnes âgées :

- Etablissements publics, rattachés ou non à l’hôpital.

- Etablissements publics des communes (exemple Tours : CCAS).

- Etablissements privés mutualistes non lucratifs (exemple : mutualité française).

- Etablissements privés lucratifs.

Le manque de personnel est constaté partout, voire même plus important dans les établissements privés lucratifs. Sur ces derniers, nous déplorons des conditions de travail encore plus difficiles pour les soignants et un dialogue social peu présent du fait de la faible implantation syndicale et de la répression exercée.

Le coût mensuel dans ces Maisons de retraites peut atteindre 3000, voire 4000 €. De nouveaux établissements de ce type se sont développés dans le département, ne permettant pas de répondre aux besoins des personnes âgées à revenu modeste. Sur 5 établissements ouverts ces dernières années dans le département, 4 étaient des établissements privés. De plus, des campagnes publicitaires sont organisées pour investir en EHPAD avec pour arguments : la génération de revenus et la diminution de l’imposition pour les investisseurs.

La CGT conteste le développement de ce type d’établissement qui ne répond pas aux besoins en termes de solidarité et est là pour faire du profit sur le dos des personnes âgées.

Les débats qui ont lieu sur le département, nous ont permis d’identifier les problèmes rencontrés. D’une manière unanime, il a été évoqué les conditions désastreuses dans lesquelles vivent les personnes âgées et travaillent les personnels.

En culpabilisant les salariés(es), en les accusant de travailler de manière désorganisée, les directions d’établissement, pour la plupart, refusent de voir la vérité en face. Elles en sont au point d’organiser des actions de formations des personnels et parlent d’un nouveau mot : « l’humanitude »

On a beau inventer des mots, les conditions de vie des personnes âgées ne changent pas, elles se détériorent même. Est-ce normal que nos anciens restent aux lits pendant des journées entières ? Ou ne soient pas lavés pendant plusieurs jours, voire des semaines parfois, par manque de personnels ?

C’est ça l’humanitude ?!

La situation est telle que le contrôleur général des lieux de privation de liberté, qui est sensé intervenir dans les prisons, propose l’extension de son champ de compétences aux EHPAD.

La CGT revendique la mise en place d’un grand service public de l’aide à l’autonomie.

Une autre dimension doit être apportée à cette question. Il faut sortir de cette logique comptable qui prévaut actuellement. Elle conduit à remettre en cause des acquis sociaux (RTT, jours de congés, etc ...), à détériorer les conditions de travail des soignants et à sacrifier le bien-être des résidents.

Le maintien à domicile ne peut pas être la réponse à toutes les situations, non plus. Les conditions de vie des personnes sont souvent ignorées au profit d’économie et de défaut de lits disponibles en EHPAD.

La situation des personnels, là encore, est loin d’être satisfaisante et mérite d’être améliorée d’urgence. Nous sommes demandeurs d’une réforme de la perte d’autonomie.

Cependant, il nous apparait déjà primordial de faire le bilan de la journée de solidarité, financée par les seuls salariés.

Quelle part revient réellement aux personnes âgées dépendantes ?

De plus, le gouvernement vient d’accorder aux entreprises privées un crédit d’impôts équivalent à 6% de baisse de cotisations sociales. Dans le cas d’espèces, ce sont les établissements privés qui vont en bénéficier, sans faire baisser le coût de l’accueil, tout en garantissant les profits pour les actionnaires.

Pour les établissements publics, aucune aide n’est prévue !

Une réforme oui, mais de qualité qui gomme les inégalités. Le Chef de l’Etat et le gouvernement, pour le moment, avance à petit pas. Dans un contexte d’austérité, il nous explique que les marges de manœuvre sont restreintes. Pour la CGT, une bonne réforme de perte d’autonomie consisterait à consacrer un point du PIB, c’est-à-dire 20 milliards d’euros.

C’est exactement le montant que le gouvernement a accordé aux entreprises à travers le crédit d’impôts compétitivité emploi.

Jusqu’à présent les annonces du chef de l’état sur le financement de la réforme est loin d’être à la hauteur : un petit milliard d’euros y serait consacré et financé par les retraités à travers la nouvelle taxe sur les pensions. Nous insistons pour que son financement se fasse au travers de la Sécurité sociale sans intervention d’assurances privées.

Cette réforme devrait notamment permettre de :

- Diminuer le reste à charge pour les résidents,

- Etablir un ratio : 1 soignant / 1 résident,

- Améliorer les conditions de travail des soignants,

- Assurer le bien-être des personnes âgées.

Compte tenu de tous ces éléments, la Commission Exécutive de la CGT d’Indre & Loire fait les propositions suivantes :

- De continuer à engager le débat autour de nous afin de sensibiliser un maximum de personnes et y compris d’intervenir,

- De réaliser un ou plusieurs petits films comprenant des témoignages qui seraient diffusé sur internet et les réseaux sociaux,

- D’avoir une action départementale avec une manifestation la plus large possible,

- Que soit portée de manière interprofessionnelle et nationale cette question de la perte d’autonomie avec notamment la participation de toute la CGT à la manifestation nationale à Paris le 15 juin : « Pour un grand service public de la santé et de l’action sociale ».

Voici quelques éléments pour le débat que je vous propose de discuter. A vous la parole."

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