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Tract intersyndical retraités : Pour la dépendance Il faut une réponse collective, solidaire et publique

Syndicats retraités CFDT, CFE/CGC, CGT, CFTC, Unsa, Fonction Publique.

Depuis des années, les gouvernements successifs projettent de créer une véritable couverture sociale afin de prendre en charge les personnes en perte d’autonomie.

Le président Sarkozy a confirmé à plusieurs reprises ce projet, mais nous constatons que la réalisation en a été différée chaque fois. Récemment il a annoncé que ce dossier serait ouvert après que celui sur les retraites soit terminé. C’est dans cette optique que les organisations syndicales de retraités signataires de ce document ont voulu affirmer leurs revendications et exprimer leurs craintes et leur opposition à certaines pistes évoquées récemment.

Un enjeu de société qui demande une réponse de la collectivité nationale.

Les enjeux sont importants. Les projections démographiques montrent que la population des plus de 80 ans passera dans notre pays à quatre millions de personnes d’ici l’année 2020, soit une augmentation de 80%. Même si l’espérance de vie en bonne santé progresse plus vite que l’espérance de vie elle-même, cette forte augmentation des plus de 80 ans entraînera une augmentation importante des personnes âgées en perte d’autonomie.

La perte d’autonomie est un des drames de la vieillesse. Les causes sont diverses mais proviennent très souvent de maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson...).

Elles sont aussi liées aux conditions de travail et à l’insuffisance de la politique de prévention.

Il s’agit donc d’une question de société à laquelle la collectivité nationale doit apporter une réponse satisfaisante aux besoins exprimés. Le gouvernement actuel ne doit pas éluder cette question. Il lui incombe d’être à l’origine d’un projet ambitieux qui soit à la hauteur des enjeux.

Une prise en charge sans barrière d’âge.

Les organisations syndicales de retraités confirment la position qu’elles ont prises en 2004 en apportant leur accord et leur soutien à un rapport du Conseil économique et social demandant « une prise en charge collective, quel que soit leur âge, des personnes en situation de handicap ».

La loi du 11 février 2005 a ensuite apporté des éléments de réponse allant dans ce sens. Un calendrier avait fixé une échéance de 5 ans pour aboutir à une harmonisation des prises en charge. Ce calendrier est malheureusement dépassé. Mais cela ne doit pas faire oublier que ’objectif doit rester d’actualité.

Aboutir à une prise en charge des personnes en situation de handicap ne veut pas dire unformité des réponses qui doivent être personnalisées. Par contre cela doit conduire à une continuité des dispositifs à adapter aux situations spécifiques rencontrées tout au long de la vie.

Développer la prévention

Pour l’être humain, garder toutes ses capacités d’autonomie jusqu’à la fin de sa vie est légitime. La prévention est un moyen pour lutter contre la perte d’autonomie. Elle doit être menée tout au long de la vie. Ce doit être une des dimensions de la politique nationale de santé publique intégrant l’éducation à la santé, la médecine scolaire et la médecine du travail. Les systèmes de santé doivent y contribuer par des actions spécifiques.

En outre, une politique particulière de prévention doit être menée en direction des personnes âgées. Elle peut revêtir plusieurs formes, parmi lesquelles :

- visites médicales de dépistage ;

- prévention des chutes ;

- animations d’ateliers « mémoire » ;

- actions de prévention portant sur l’audition et la vision ;

- prise en charge spécifique en cas d’hospitalisation. Cette liste n’est pas exhaustive.

Les moyens actuels de prévention ne sont pas à la hauteur des besoins. Les financements publics ont négligé ce domaine pour se limiter aux prises en charge lorsque la dépendance commence déjà à s’installer.

Répondre aux besoins des personnes restées à leur domicile

Les derniers sondages montrent que les personnes âgées souhaitent rester dans leur domicile le plus longtemps possible. Le maintien à domicile doit donc être privilégié. Il permet le maintien de la vie sociale. Pour ce faire, il faut développer et améliorer très sérieusement les services et les soins à domicile, ainsi que leur organisation, leur coordination et leur prise en charge financière.

On constate aujourd’hui un trop grand nombre d’intervenants et un manque de cohérence dans leurs actions. Se posent également les problèmes de la formation de ces intervenants (majoritairement féminins) qui doit être renforcée, de leurs conditions de travail et de leurs rémunérations.

Une politique d’adaptation des logements aux besoins des personnes âgées est attendue également.

Pour une politique coordonnée et de qualité dans les aides à la personne

Depuis 2005, on constate une situation déplorable où tous les services à domicile ont tendance à être considérés de la même façon. Il n’est pas possible que des aides qui apportent un confort de vie soient traitées de la même façon que des aides qui sont indispensables pour permettre à une personne âgée d’avoir une existence décente. La fiscalité de ces services doit être revue, spécialement lorsqu’ils s’adressent à des retraités ayant de faibles revenus.

En 2009, ces services (en particulier les associations) ont connu des difficultés financières telles que certaines ont cessé leur activité. Les causes de ces situations sont variées mais il est indiscutable que la façon dont leurs tarifs sont imposés ne favorise pas celles qui font de réels efforts pour améliorer la qualification des intervenants et la qualité des services offerts.

Améliorer la tarification de ces services sans en reporter la charge supplémentaire sur les personnes âgées s’impose.

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