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Coup de jeune pour la CGT. En plein conflit sur les retraites, Stéphane Deplobin a été propulsé secrétaire départemental de son syndicat. Pas de quoi l’angoisser.

Article paru dans la Nouvelle République du vendredi 12 novembre 2010.

Chemisette sportswear et cheveux longs noués par un catogan : Stéphane Deplobin a le look des trentenaires nourris au rock alternatif des années 90. Ce fils de commerçants qui a grandi dans un petit village de la Vienne (rurale) n’a rien d’un apparatchik façonné par l’appareil syndical et la lecture de Karl Marx. Son engagement est né tardivement - il y a tout juste cinq ans - alors que ce conducteur Offset (ancien élève du lycée Bayet) était salarié de l’imprimerie Mame depuis une douzaine d’années déjà. « On en avait assez de se faire avoir par la direction. Il fallait se battre pour l’application des 35 heures. On a décidé d’agir avec une bande de copains », raconte tout simplement ce jeune père de famille qui croit en l’action collective : « J’ai la volonté de construire avec les autres. Tout seul, on ne fait rien. »

’’ Une force tranquille et efficace ’’

Voilà comment Stéphane Deplobin s’est retrouvé à 30 ans à peine à la tête d’une section syndicale renaissante dans une des entreprises emblématiques de la Touraine. Ces trois dernières années, la crise n’a guère fait de cadeaux au combat syndical dans l’imprimerie mais, dans la tourmente, le secrétaire du CE a su faire preuve d’initiative et d’abnégation. Sa personnalité a émergé au plus niveau. D’où l’idée de le propulser à la tête de l’union départementale de la CGT, la première force syndicale du département avec près de 5.000 adhérents.

Pas de quoi intimider le nouvel élu. « Je suis un calme de nature », glisse l’intéressé. « Stéphane, c’est une force tranquille et efficace », confirme Isabelle David, responsable de la communication à la CGT. Fidèle à ses convictions, le nouveau patron départemental du syndicat inscrit son mandat (de trois ans) dans un « travail d’équipe ». Autour de lui, la commission exécutive a été renouvelée à 57 % avec l’entrée de nombreux représentants du secteur privé. « En France, il y a un problème de représentativité syndicale dans les petites entreprises », déplore Stéphane Deplobin qui dénonce au passage l’archaïsme du patronat français. Selon lui, les syndicats n’ont pas tout perdu dans le récent conflit sur les retraites. Loin de là. « Nous avons gagné de nouvelles adhésions et le soutien de l’opinion publique », assure-t-il en validant la stratégie nationale de la CGT : « Les décisions ne doivent pas venir d’en haut. Les salariés doivent porter les revendications à la base, dans les entreprises. »

À savoir

- Stéphane Deplobin succède à Christian Angèle qui était à la tête de l’Union départementale de la CGT depuis six ans. Ce dernier est parti à Paris où il a été appelé à la confédération nationale pour œuvrer à la formation des militants.

- La CGT comptait en 2009 près de 4.900 adhérents en Indre-et-Loire, dont 3.900 actifs et 972 retraités.

Pascal Denis

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