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COLLOQUE MONMOUSSEAU le 10 JUIN 2010 à 15h00 à l’hotel de ville de Tours

L’Institut CGT d’Histoire Sociale Région - Centre

L’Union Départementale CGT d’Indre et Loire et son collectif 37

organisent un colloque d’Histoire Sociale et tourangelle

Gaston Monmousseau (1883-1960)

Jeudi 10 juin 2010 de 15 heures à 19 heures 30

Hôtel de Ville de Tours - salle Anatole France


15 heures - 17 heures 15 : Gaston Monmousseau,

Un militant Tourangeau Secrétaire de la CGT.

Présentation de Pierre Vincent, Vice-président Institut National CGT d’Histoire Sociale.


17 heures 45-19 heures 30 : Gaston Monmousseau

Directeur de la « Vie Ouvrière » et la lutte

des idées dans la CGT hier et aujourd’hui. Présentation et animation de Denis Cohen et Jean-François Jousselin de la NVO (La Nouvelle Vie Ouvrière)


Points de repère.

On ne naît pas militant...

Gaston Monmousseau naquit à Luynes où son père était garde champêtre, la famille s’installa ensuite à Azay-sur-Cher. Son père était ouvrier journalier dans les vignes, sa mère femme de ménage, laveuse. Sur leur petite maison, près du pont sur le Cher, une plaque rappelle qu’elle fut la demeure de la famille ...

Extraits du livre « Indre-et-Loire chef lieu TOURS » (pages 160 à 162) :

« ...Donc, dis-je aux trois garçons, vous voulez mes impressions d’école ? Eh bien notez : « le jour où j’en suis sorti, j’avais onze ans et j’ai dit : « enfin je vais gagner mon pain »

« ... Aucun artisan n’avait assez de travail sauf le patron menuisier...c’est le métier qui m’a choisi et non pas moi... »

« ... J’y ai mordu dans mon métier, et puis c’est lui qui m’a mordu quand, plus tard, la crise de chômage est venue. Alors voyant cela, je me suis fait cheminot par la suite, afin d’avoir la garantie d’emploi... »

Par fidélité à mes idées anarchistes, dit-il, et pour ne pas enrichir un patron, après son mariage, Gaston Monmousseau s’établit à Saint-Martin-le-Beau comme artisan menuisier.

Adhésion au syndicat à 27 ans

Entré à la Compagnie de chemin de fer de l’Etat quelques semaines avant la grève de 1910, Gaston Monmousseau adhéra au syndicat, devint un propagandiste de l’adhésion, un organisateur des luttes des cheminots de Paris, un des opposants à la Première guerre mondiale et à « l’union sacrée » de la direction de la CGT et du gouvernement, et partisans de la révolution Russe.

Il fut un des dirigeants de la grève des cheminots de 1920 et devint secrétaire de la fédération CGT des cheminots au côté de Lucien Midol et Pierre Semard.

A la suite de l’éviction de la CGT des syndicats et Fédérations (Cheminots, Métallos...) qui préconisaient un syndicalisme révolutionnaire, il devint secrétaire général de la nouvelle confédération, la CGTU (confédération générale du travail unitaire). La CGT confédéré fut dirigé par Léon Jouhaux., qui devient en 1948 Secrétaire Général de FO.

Durant des décennies Gaston Monmousseau assura la gérance puis la direction du journal La Vie Ouvrière. Après la seconde guerre mondiale il en fit le magazine officiel de la CGT. Lors de la réunification syndicale de 1936, il ne fut pas réélu au secrétariat de la CGT réunifiée.

Elu député communiste du Front Populaire aux élections législatives de 1936 pour la circonscription

de Noisy-le-Sec, il fut, comme les députés restés communistes, déchu de son mandat le 21 janvier 1940. Le tribunal militaire de Paris le condamna par contumace en avril 1940 à cinq ans de prison. Il était déjà dans la clandestinité, la direction du PCF lui confia la responsabilité de la région provençale

.

Après la Libération il reprit ses responsabilités syndicales de Secrétaire Confédéral de la CGT réunifiée, poursuivant auprès de Benoît Frachon, nouveau Secrétaire Général de la CGT, un long compagnonnage commencé au temps de la CGT-U.

Des mois de prison

Durant les années vingt et jusqu’au tout début des années trente, Gaston Monmousseau fut plusieurs fois emprisonné, sans jugement, en raison de ses responsabilités syndicales. Parfois les jugements rendus tardivement l’acquittèrent.

En prison il écrivit sous le pseudonyme de Jean Brécot des articles et des contes. Il conserva ce nom de plume pour des articles moralistes ou polémiques dans l’hebdomadaire La Vie Ouvrière ou dans la revue Servir la France. Beaucoup de ces articles ont été édités sous forme de livres : « La musette de Jean Brécot natif de Touraine », « Indre-et-Loire chef-lieu Tours », « L’oncle Eugène ». ; Sous le titre « La musette de Gaston Monmousseau » un livre de textes choisis, accompagné de nombreuses photographies, fut édité en 1963.

« Jean Brécot natif de Touraine »...

Dans les années cinquante, au début de la guerre froide il participa à plusieurs congrès annuels de l‘Union départementale CGT d’Indre-et-Loire ; les comptes rendus témoignent de l’attention qu’il portait aux relations de l’organisation syndicale avec les adhérents.

Les écrits de Jean Brécot pouvaient aussi bien traiter des rencontres qu’il fit avec Lénine ou du travail du vigneron qui connaît si bien chaque pied de ses vignes ; il conseillait tel jeune militant pour combattre le sectarisme ou l’opportunisme ou inventait l’interview de jeunes enfants pour parler du métier non choisi, ou de la pêche dans le Cher. Il réservait colères et imprécations pour les « adversaires de classe » et leurs complices avérés.

1910-1960 : parcours d’un homme dans un demi siècle juste passé

On trouvera dans les textes qu’il écrivit la trace des luttes, des méandres, des victoires du mouvement syndical, de ses illusions parfois. Rien ne fut donné sans luttes, les avancées furent souvent chèrement acquises. Rien n’est plus actuel que le cheminement auquel nous convie la connaissance de ce long demi-siècle de la vie de Gaston Monmousseau.

Songez donc : deux guerres mondiales assassines (dix ans !) dont l’une avec une longue lutte contre l’occupant, l’exploitation des travailleurs, la journée de 8 heures, la domination des peuples de « l’empire colonial sur lequel le soleil ne se couchait jamais » et les guerres anticoloniales de libération, le fascisme provisoirement vaincu par le Front Populaire, la semaine de 40 heures, les congés payés, la sécurité sociale, les nationalisations, trois scissions syndicales, deux réunifications...

Le Colloque Gaston Monmousseau pour revisiter notre histoire sociale et réfléchir.


Renseignements Inscriptions. Collectif- IHS-37- UD-CGT : Tél 0247385381- ud37@cgt.fr

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